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07/12/2006

DEVOIRS DE VACANCES -1° EPISODE

DEVOIRS DE VACANCE 1

CHEZ ONCLE JOSEPH ET TANTE GENIE.( a la maison de la rivière)

La haut, sous la lisière des bois de la plus haute montagne du forez, à 1000 mètres d’altitude,à cinq km à vol d'oiseau de pierre sur haute,point culminant du forez,comme chacun sait, se trouvait la seule maison habitée par le Joseph et la Génie.Mon oncle et ma tante. J’y ai vécu beaucoup de bonheur pendant mes vacances scolaires. Je devais avoir 15 ans,

Ce furent de belles vacances, en pleine nature, au milieu des sapins et des fougères, et des prés pentus et verdoyants.

Nous nous levions à 6heures et pendant que tante Génie trayait les vaches, Joseph ,le beret vissé sur la tête,tirait le fumier dans la rase avec la raclette,puis le chargeait à la fourche dans la brouette et le sortait sur le tas qui se trouvait dehors,

 René,les yeux encore ensommeillés découvrait son bol de lait cru, avec deux sucres, que Josette,la belle fille venait de lui faire chauffer.

Deux grosses tartines de pain de seigle recouvertes d’un beurre fait à la baratte dont j’avais tourné la manivelle de nombreuses fois, m’attendaient.

Je faisais durer le plaisir, le palais tout émoustillé de ces saveurs nouvelles et inconnues pour moi, avant de garder la douzaine de vaches montbéliardes.(coucou ninette)

Ah !! Ces tartines qui me font encore saliver aujourd’hui, rien que d’y penser ; j’en salais le beurre d’une couleur coquille d’œuf que l’on ne retrouve plus aujourd’hui.La motte de beurre était enroulée dans un torchon qui pissait l'eau de fontaine.

Après un petit coup de gant sur la figure, le petit René se dirigeait vers l’écurie en faisait la bise à tonton et tata.Puis il écartait ensuite la paille avec une fourche, sous le ventre des génisses,avant que joseph ne les détache avec les deux paires de bœufs. Une paire,déjà âgée, rouge comme les salers,  et l’autre,une paire de blonds, dont un portait le nom de Mouton et l’autre de Blond. Cette dernière paire, toute jeune, mais encore sauvage, allait servir l’hiver prochain pour débarder les arbres que Joseph et Jean, son fils plus âgé que moi d’une bonne vingtaine d’années, allaient couper  après les fenaisons.

Armé de mon baton et de finot ,mon chien, on se dirigeait vers le pré situé en contrebas et pendant deux bonnes heures heraime faisait bonne garde.

 Pendant ce temps Jeannot et Joseph étaient partis couper avec la moto faucheuse un pré qui se trouvait à deux bons  kilomètres de là, au lieu dit :chorsin.Une loge ou l’on rentrait le foin pour l’hiver, car on faisait dans ces prés plus de vingt chars de foin, suivant les saisons.

La loge de chorsin rénovée.

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Nous passions à table vers midi ,partions pour chorsin et nous  reposions jusqu'à deux heures, allongés sous l’ombre des branches basses d’un arbre.Non sans avoir vérifier qu'aucun reptile ne se trouvait à proximité;c'était un coin à vipères,des aspics,les rouges,les plus dangereuses.Ensuite, nous retournions le foin avec nos râteaux de bois de frêne, pendant des heures l’herbe volait à hauteur de mes yeux, d’un geste sec et mécanique, à l’inverse du faucheur, de gauche à droite pour moi, andains après andains l’herbe était retournée en vrac.

 Fourbus mais satisfaits nous rentrions,Génie, Joseph, grand-père Jean –marie et moi accompagnés de Jean à la maison de la rivière comme on l’appelait à l’époque.

 Pendant que les grands faisaient d’autres travaux,prenant mon baton, je ressortais les vaches,dans le pré situé sous la maison,finot sur mes talons, quémandant son bout de pain pour son salaire.

 Broutant consciencieusement, les vaches secouaient la tête pour se débarrasser des mouches et des taons qui pullulaient à perte de vue.

Et parfois, l’une d’entres elles partait au galop, piquée par une guêpe.

Heraime lançait son chien à ses trousses et en un rien de temps tout rentrait dans l’ordre.

Quand la fraîcheur venait sur la montagne, Joseph me faisant signe de rentrer, pour rattacher les vaches aux pis débordants d’un lait  gras et odorant.

C’est Joseph qui passait ses deux bras autour du cou de chacune,pour refermer la chaine,le petit rené par de petites tapes amicales de son baton ou de son sabot (coucou betty)les faisant ranger chacune à sa place,dans l'écurie.

Heraime n’était pas de taille à les attacher et le danger trop grand, qu’un coup de corne malencontreux ne vint lui perforer le ventre ou lui crever les yeux.

La traite du soir pouvait commencer, Génie, assise sur son tabouret de bois à trois pieds, le seau coincé entre les cuisses et le front appuyé contre la hanche de blanquette,la première à traire, se tenait la tête penchée vers le visage de la bête pour éviter un coup de queue intempestif . Pendant ce temps,comme si de rien n'était, blanquette ruminait quelques brindilles dans sa crèche et parfois appuyait le mufle sur la languette de l'abreuvoir et avalait une rasade d'eau venue de la source en amont.

 Sous la pression de la paume et du petit doigt de chacune des  mains de Génie, le lait bourru jaillissait par saccades, sur les bords du seau en aluminium, tchic-tchic,tchic-tchic ,tchic-tchic,tchic-tchic.

 Quand le seau était plein, elle le vidait dans ses bidons. (Que Nicole de chateauroux nous a achetés. Notre artiste du blog 50 les décore aujourd’hui avec beaucoup de talents.)

 Avec Joseph on s’entendait bien, on remettait (étarnissait) de la paille sous le ventre des animaux pour la nuit.

 La traite finie, Josette nous attendait avec une bonne soupe de choux et un plat de patates au four et d’un bout de fromage de chèvres.Ou de piquant, ce fromage avec un gout de gnôle, et dont les petits asticots se promenaient en toute liberté. Je n’y touchais pas.C’était pas pour moi,mais uniquement pour les grands.Pas de télévision  à regarder.Arthur et ses boites à la con n'existaient pas encore,

 Pour moi,  10 heures c’était l’heure d’aller me coucher, pendant que Jean et Joseph faisaient encore quelques paniers d’osier.Je me faisais dormir,les doigts croisés sur la couverture(rigole crabillou,rigole)

Grand-père Jean marie quant à lui, apprenait le dictionnaire par cœur, et se préparait à poser des questions au petit René le lendemain matin.Comme je craignais ces moments.

 Heureusement pour lui, Jeannot veillait au grain et regardait les questions qu’allait me poser le pépé et me donnait les réponses le lendemain à mon réveil.

L'aieul posait la question fatidique et mortelle -:C'est quoi le chef lieu du pas de calais??? alors heraime déja vicelard à cette époque lui répondait du tac au tac (vous savez le jeu qui n'existait.............)

-les perroquets pépé, les perroquets,et jean qui riait!! Et grand-père qui bougonnait-Si c'est pas malheureux d'aller à l'école et de pas savoir ça!!Heraime était déja con à l'époque, ça ne pouvait qu'empirer au fil des ans.Et j'ai bien peur que ça ne s'aggrave!tant pis pour vous!!

A suivre.

Commentaires

merci frangin de partager tes souvenirs avec tonton et tatan que j'aimais moi aussi beaucoup, on y allait veiller des fois, et souvent pique niquer à chorsin, et c'est avec nostalgie qu'on repense à tous ces bons moments, je vois que tu as toujours dans la tête le bruit de la traite :
tchic à tchic à tchic aille aille aille..........tu t'es aussi inspité de notre sardou, et tant pis (le pis de la vache bien sur!)
t'es vraiment trop fort, je connais beaucoup de gens biens
mais toi t'es vraiment un jam bon ..........a +........bisous

Écrit par : nanou | 07/12/2006

Eh oui, je confirme, c'était comme ça !

quelque fois, on attachait la queue de la vache avec une "ficelle de lieuse", une de celles récupérées par René (pas RM), en haut de la batteuse (faut suivre !). Après la traite, quelque fois, on lâchait le veau, qui finissait le boulot..Avez-vous vu un veau téter sa mère, ou une mère adoptive, c'est un spectacle ! Un spectacle aussi que de voir un chat assis sur son cul, et qui fait le beau pour laper en plein vol le jet de lait frais adroitement dirigé par le trayeur (ou la trayeuse, bien sûr Monique).
Ces souvenirs, ils sont loin...Ils sont nos trésors...

Merci RM, je viens de rajeunir...

Écrit par : Crabillou | 07/12/2006

j'ai lu avec plaisir ce petit récit de tes souvenirs d'enfance à la vie de la campagne, j'allais justement te dire, pour l'avoir vu dans une ferme dans l'Ain, on attachait la queue de la vache pendant la traite, mais Crabillou a bien raconté.
Le foin sentait bon, pas cette odeur d'ensilage!
avec plaisir une autre lecture comme celle là.Bonne journée.Renée

Écrit par : Renée | 07/12/2006

ah oui les fameuses vaches montbéliardes avec le bon lait ...merci de raconter ces fameuses vacances avec le bon air frais et le bon lait , les bonnes choses ... que de bons souvenirs , merci René
bisous Ninette

Écrit par : ninette | 07/12/2006

j' ai aussi "trimé" à la campagne quand j' étais gamin...ça n' était pas vraiment des vacancae..mes parents ne le savaient pas mais j' avais hâte de les rejoindre
Roro a rougi de tes compliments!
cordialement

Écrit par : henri | 07/12/2006

J'ai pas connu çà moi la fille de la ville, qui allait pourtant à la campagne, mais pas dans une ferme, chez des amis qui travaillait dans une sucrerie, et quand j'allais dans ma famille en Belgique, ils travaillaient soit à la Mine soit aux à l'aciérie, alors les vaches.... On passait quand même sous les barbelés pour aller titiller le cul des vaches ou piquer les fruits, mais fallait pas de faire piquer, on montait sur les meules de foin, mais c'était pour rigoler. Le soir on allait chercher le lait et les oeufs à la ferme mais fallait pas trainer.... Le chéri çà oui il a connu. Né en 1940 à la ferme de ses grands parents en Beauce il y est resté jusqu'à la libération. Ensuite, toutes les vacances été comme hiver il y allait, alors tout çà il m'a raconté. Mais il faut le vivre pour l'apprécier. J'ai des souvenirs de villes, de descentes sur la voie ferrée qui passait derrière la maison, pour aller cueillir les coquelicots, les marguerites, ou tout simplement pour se faire peur à la grande frayeur de maman et la colère de mon père et de mon grand père. A chaque situation ses plaisirs.....
Bisous
ANNIE

Écrit par : MAMINIE | 07/12/2006

Maminie,sur les meules de foin,et pour rigoler,tu te fous de moi,je sais bien ce qu'elles allaient y faire les drôlesses,tu veux pas un dessin aussi,heraime est dessinateur,n'oublie pas.ça m'a bien fait rigoler,maminie dans le tas de foin,et combien de jules autour? bises, maminie,je sais bien que tu étais sage,c'était pour te faire marcher.

Écrit par : heraime | 07/12/2006

J'arrive tard,mais quel bonheur tu viens de me procurer!
J'ai lu avec délectation ton récit allègre et vif, plein de tendres évocations et de poésie. Je me suis délectée, ravie de partager les souvenirs d'un jumeau avec lequel je n'ai pas partagé à l'époque l'odeur du lait frais, les tartines de beurre jaune, je t'envie d'avoir vécu de si beaux moments, d'une incroyable simplicité et tellement riches! et bon sang, comme tu écris bien les souvenirs ! Mille mercis pour cette exquise lecture du soir , j'attends la suite, bien sûr, je t'embrasse, mon jumeau de 49 !

Écrit par : framboisine | 07/12/2006

Janeton prend sa faucille pour aller...en chemin elle rencontre...
Voilà où ça mène les travaux des champs!!!

Gourmande je suis née, gourmande je resterai:bravant tous les dangers,j'aurais , avec toi,gardé les vaches aux lourds pis prometteurs car j'adorais la crème de lait!!et pan!

Bon, soyons sérieuse: il est bien ton texte,le petit René y est attendrissant avec ces souvenirs bucoliques.

de gros bisous de la fermière en herbe.

Betty

Écrit par : Betty | 07/12/2006

Pour framboisine,oui ce sont des moments particuliers que l'on ne reverra jamais.Un jour, une charmante personne m'a dit: ta vie à été un long fleuve tranquille.Certes,mais il y a eu aussi des embuches,et beaucoup de travail,si heraime à de bons biceps aujourd' hui c'est sans doute parce qu'il n'a jamais compté le nombre de chars de foin,ou de paille qu'il a chargés,mais ça c'est une autre histoire.Merci à ceux qui me rendent visites sur le blog.

Écrit par : heraime | 08/12/2006

j'ai aussi,grandit à la campagne,
Mes parents n'étaientt pas fermier,mes ceux de mes ami(e)s si!
j'ai de très bons souvenirs,de fénaisons,de moissons,et de batteuse,qui envoyait,la "menue paille",dans les cheveux et les poumons,le cochon grillé(que tu ne cites pas),le lait frais au pis....c'est mon enfance
et puis le dico,j'ai passée par là aussi!,mais en géo j'étais forte!un point pour moi(bon point), l'école de la vie sur le tas.
Merci rené
Bises
Simone

Écrit par : mone | 08/12/2006

un délice ! comme tu racontes bien ! je reviendrai sur l'histoire mais pas du côté des vipères, ça non !!!!! impossible d'y mettre un pied.. C'est vraiment chouette d'évoquer ces souvenirs. Merci à toi. J'en redemande. Bises de miche

Écrit par : miche | 08/12/2006

J'ai moi aussi grandi à la campagne mais pas fille de paysans pourtant je revois les jours de batteuse chez mes voisins , les jours de vendanges.La batteuse entrainée par un vieux tracteur avec un moteur au bruit particulier .J'ai encore ce bruit dans les oreilles.Je revois aussi les grandes tables dressées dans la grange avec les agapes qui accompagnaient ces travaux.Les gens travaillaient dur mais ils savaient prendre le temps de vivre,chose que nous ne savons plus faire.Nous courons oui beaucoup pour aller où, on ne le sait souvent pas.Bises de l'auvergnate.

Laurence

Écrit par : laurence | 08/12/2006

D'abord félicitations à René , pour le 36/37 , vous avez contribué à faire monter la somme : par vos dons de tableaux pour une tombola ! Beau succés du téléthon !

Félicitations aussi pour cette note qui nous as enchanté ! Le beurre tout frais quel délice ! mes grands - parents étaient cultivateurs , mais ils n'avaient des vaches que pour le travail avec un cheval (mignon)!
Comme quoi avec peu de chose on arrive à raconter une belle histoire vécue , quand on sait trouver les mots vrais ! merci et à bientôt pour la suite ! bises , vous êtes super ! huguette - alice !

Écrit par : macary huguette | 10/12/2006

Les commentaires sont fermés.

 
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