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19/01/2007

Gros fumé,DEVOIR DE VACANCE 4

Gros fumé-DEVOIR DE VACANCES 4

Les lavées.Aout 1964(suite de chorsin)

Chez Joseph(frère de mon père) et tante Génie(soeur de ma mère) .

La seule et unique photo que je possède de Joseph à droite,Génie à gauche,père au milieu,heraime derrière.

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Les fenaisons terminées, à chorsin puis aux gouttes , comme il ne restait plus d’herbage pour la nourriture du troupeau composé de quatre bœufs et d’une douzaine de montbéliardes ainsi que d’un ou deux veaux, joseph décida qu’il était l’heure pour sa femme Génie de monter le troupeau sur la montagne, au lieu dit : le gros fumé, en estive ,ou il possédait une jasserie..

 Il garderait à la rivière une paire de bœufs, muguet et papillon dont il aurait besoin pour les travaux restants.

Pour une fois que Génie disposait d’un valet en la personne de heraime, elle n’allait pas s’en priver.

Cela la distrairait et lui ferait de la compagnie.

                                                           *

Nous voila partis, après la traite du matin, par le chemin caillouteux  et tortueuxqui grimpait dans les sapines.

La lueur diaphane du jour tentait de percer au travers des branchages et des aiguilles odorantes des résineux.

 Sur un simple mot de heraime Finot se chargeait de temps à autre de récupérer les bêtes qui tentaient de s’égarer.

Après deux heures de marche au rythme nonchalant du troupeau, sans aucun stress, nous sortîmes des bois.

C’était un âge ou le temps n’existait pas, ou le profit importait peu. On prenait le temps de vivre.

On respirait l’air frais du matin et on s’emplissait les poumons des ions négatifs qui nous revivifiaient le corps.

 La mémoire ancestrale des vaches existait bel et bien car nous arrivâmes sur la montagne,

 à 1300 m d’altitude, ou l’on croisait une piste en terre battue.

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Heraime n’avait jamais vu une étendue de tourbe et de bruyère d’une telle ampleur.

Des hectares et des hectares de bruyère et de bosquets de petits bouleaux, et des tourbières à perte de vue.

 C’était le désert, au loin les radars de Pierre sur haute ,La limite de la Loire et de l’auvergne chère à mon ami Alain.

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Nous marchâmes encore deux bons kms avant d’atteindre la jasserie(mas) du gros fumé .

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A l’arrière plan les jasseries de colleigne.(photo heraime)

 Le temps que tante Génie fasse rentrer tout le troupeau , heraime regardait les environs .

Comment ne pas se perdre devant l’immensité qui se dressait devant lui ??? (photo heraime)

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 Je crois bien qu’une larme perla à ses yeux. Mon dieu comme il allait s’ennuyer tout seul ?

 Pas de copain pour jouer avec lui, pas âme qui vive à des kilometres, il se sentait perdu.

 Perdu, mais en même temps responsable, à quinze ans ,de tante Génie.

 Tout pouvait arriver !!!!

 Une crise d’appendicite. Un accident. Que Génie, qui n’était plus toute jeune fasse un malaise.

 Il avait compris que joseph serait plus rassuré. S’il le fallait,heraime, petit homme, mais grand garçon ,

pourrait revenir à la maison de la rivière en cas de pépin.

 En ce temps là, on évitait de penser au danger.

 Apres avoir gardé les vaches dans la combe ou serpentait un ruisseau paisible (voir photo de heraime)

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(Vous remarquerez au premier plan un œuf de dinosaure, la coquille est encore fendue. NON,heraime déconne)

Génie m’expliqua ce qu’étaient les lavées.

Pour fertiliser ces étendues d’herbe et de tourbe il fallait récupérer la bouse des vaches, engrais cent pour cent naturel pour les tourbières.

 

 Les anciens ne manquaient pas d’ingéniosité pour cette besogne.Une mare se trouvait trente mètres en amont de la jasserie,

lorsqu’on lui enlevait la bonde (rond de bois entouré d’un chiffon) elle lâchait cinq mètres cubes d’eau en quelques minutes à travers la jasserie,la traversant de part en part en emportant toute la bouse, qu’heraime,avec ses bottes, avait raclée dans la rigole centrale ,les vaches se trouvant de part et d’autre, surélevées sur un plancher de béton de quinze centimètres.

Dés que la bonde était enlevéee,heraime courait débarrer les tranchées en épis qui se trouvaient en aval de la jasserie.

 Une rigole principale descendait à cent mètres toute droite, puis en remontant, des tranchées transversales à faible pente,tout les vingt mètres, emmenaient l’eau mélangée à la bouse,heraime remontait vingt mètres toutes les minutes ,et posait trois ou quatre mottes de tourbe dans la rigole principale en les tassant, et ainsi de suite jusqu’en haut.

L’eau boueuse déviée de la tranchée principale prenait les rigoles en travers pendant une minute

Par infiltration l’engrais naturel (BIO) faisait son travail tout seul.Heraime, une fois la mare vidée,

 enlevait les mottes qui barraient la levée principale pour les lavées du lendemain, remettait le bouchon de la bonde.

Ensuite Il se lavait les mains, il venait de faire sa première lavée.

Il regardait avec des yeux émerveillés  la mare se remplir lentement.

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La réverbération du soleil lui faisait cligner les yeux pendant que les petites grenouilles vertes et grises regagnaient l’abri qu’elles avaient perdu quelques instants auparavant .

La suite, bientôt. Si je peux !!

Commentaires

beaux souvenirs Heraime, mais si quand on était gamins ces corvées étaient insurmontables. Aujourd hui, comme toi je garde une certaine nostalgie de ces "vacances d'été" à la campagne à surveiller les troupeaux plutôt que faire bronzette à la mer ... malgré la pauvreté et le peu de moyens qu'avaient les agriculteurs, quelle belle époque !!!

Écrit par : michka | 19/01/2007

Heraime a été élevé sous la mère,comme les veaux,l'autre mer,il ne l'a pas connue mais il ne regrette rien,j'ai des souvenirs dans la tête que peu de gamins ont .bises michka

Écrit par : heraime | 19/01/2007

Trop tôt pour lire, je n'ai pas encore les yeux en face des trous, je me réserve pour profiter de ton récit, car je sais que je vais me délecter, à+ Framboisine
Iris coffe dès le matin ?

Écrit par : framboisine | 19/01/2007

Grillon des terres arides, les vaches n'existaient pour moi que dans les terres froides et inhospitalières du grand nord, au dessus de Montélimar.
Aussi, tout ce que tu racontes est terra incognita, vaste monde inconnu. J'ai depuis appris à conaître les laitières dans les grasses prairies du Bassigny, sur les bords de Meuse et je vois bien l'étable. Ingénieuse, cette chasse d'eau naturelle. C'est la première fois que j'en entands parler. Mourrai pas idiot, merci !
Dans le Bassigny, on appelle ça des "gonelles"

Par contre, le bouchon dans la rigole principale pour faire dévier dans les latérales, c'est ce qui se fait ici pour le "tour d'eau" quand on arrose cultures comme melons et fraises. Même principe, sauf que l'horaire du tour est decidé par le viguier, et que ça pouvait tomber à 2 h du matin comme à 7 h du soir. Ton tour durait 1 ou 2 h, et le paysan suivant avait une montre toujours en avance sur la tienne. Que d'enguelades !!!

Merci pour ce parfum de vrai.

Écrit par : Christian | 19/01/2007

Voilà un beau récits de souvenirs, c'est bien moi aussi j'allais en vacances à la campagne et j'ai connu la mer qu'à l'age de 18 ans,mais toi tu sais bien raconter. Bises-Angelina

Écrit par : Angelina | 19/01/2007

j' ai cherché "jasserie" dans le dictionnaire illustré 2006 et en te relisant je me suis aperçu à temps que tu avais fait une parenthèse ..ouf!
mes souvenirs de "vacances" (!) à la campagne sont beaucoup moins euphoriques...
bien, ton récit
adichats

Écrit par : henri | 19/01/2007

peu importe mer, montagne, campagne..... ce sont les souvenirs d'enfance heureux qui se baladent dans notre tête qui sont le plus important. Moi la fille des villes, j'allais à la campagne soit en Belgique dans ma famille et là c'était les térils, les wagonnets qui allaient d'un puit à l'autre, les prairies avec les pommiers qui donnaient de ces petites pommes acides, les prunelles qu'on cueillaient au grés des chemins, les seuls champignons que je connaissais c'était les rosés des près , les vaches laitières qui rentraient tous les soirs à l'étable et où on allait chercher le lait dans le pot à lait en allu dès la raite terminée....... ou chez des amis de mes parents pas très loin de REIMS au moment des foins et des blés..... mais ce sont des supers souvenirs....
Bisous
ANNIE

Écrit par : MAMINIE | 19/01/2007

Quel régal de lire ces "tranches de vie" héraime...Tous ces souvenirs font vibrer mes "racines paysanes" moi qui ne suis qu'une "petite parisienne".
Quand je lis vos souvenirs, et tous ceux que vous avez réveillé, je pense à nos jeunes d'aujourd'hui. Ils sont coupés de leurs racines rurales ancestrales, et je me dis qu'un peu moins d' ordinateur et un peu plus de vie en pleine nature leur serait bien utile.
Merci pour ce témoignage plus vrai que nature...
Bises
Anne-Marie

Écrit par : Anne-Marie | 19/01/2007

Alors, là Héraime...c'est la totale en élevage de vaches laitières, de jasserie, d'horizons lointains..;quelle paix on doit ressentir ...mais il faut sans doute emporter un livre, ou un harmonica pour tenir bon dans cette immensité...

Tu racontes merveilleusement, on te suit pendant ta longue marche...et on souffle avec toi, par solidarité...


Bises
hélène

Écrit par : hélène | 19/01/2007

merveilleux récit, que vous dire ! on vous suit on découvre tout avec vous, je connais assez bien toute cette région et vos photos me font revoir des souvenirs de jeunesse entre le Livradois le Forez vite la suite de vos souvenirs de jeunesse on les veut tous mille amitiés de l'Astrée de champagne maintenant mais de la Loire et oui allez les verts ! de naissance !! Astrée 10!!!

Écrit par : ngeorges | 19/01/2007

quels souvenirs à la campagne, avec les animaux à s'occuper, courageux Héraime dans sa jeunesse, ce n'est pas évident de se retrouver presque seul dans cette grande campagne peu fréquentée! aujourd'hui, je ne crois pas que les jeunes vivraient cela! Bonne soirée.Renée

Écrit par : Renée | 19/01/2007

Tranches de vie qui me comblent, tranches de vie que tu nous offres, si finement ciselées de mots choisis, ou inventés ,si parlants, !Merci de faire ainsi revivre tes souvenirs,
mon jumeau, dont je suis fière, Framboisine

Écrit par : framboisine | 19/01/2007

Il n'y a que toi petit Heraime pour parler avec autant de sensiblité de tante GENIE,toi le petit ange gardien , toi le petit veau élevé sous la mère ( c'est pas mal ça)..et je suis assise à tes côtés en train de regarder l'immensité du paysage..

Bises champêtres

betty

( Mon Michel a été content de ton message.

Toinou,il n'a jamais" fricoté "avec moi:c'est un vieux copain..)

Écrit par : Betty | 20/01/2007

Merci pour ce beau récit.Tu m'as emmenée avec toi sur le chemin de la Jasserie. Bises à toi l'ami forézien.
laurence

Écrit par : laurence | 20/01/2007

Bonjour, J'ai également connu les vacances à la campagne et même j'attachais les vaches lorsqu'elles rentraient à l'étable mais comme j'était trop petite (en taille) je devais me mettre bien sous leur cou et lancer la chaine par dessus leur tête et ainsi je pouvais passer un "chose" dans un anneau et ainsi elles étaient attachées. je me demande comment j'ai pu faire ça ... aujourd'hui je n'oserai pas !
Biche

Écrit par : Biche | 20/01/2007

Je vois que tu es toujours dans tes montagnes, à p^echer des grenouilles ou des sandres..;je te fais une bise de passage, pour ne pas te déranger avec ton hameçon....


hélène

Écrit par : hélène | 21/01/2007

J'ai lu le commentaire de Betty qui m'a fait rire.. Comme tu racontes bien ! je m'y croyais et les photos sont parlantes. Je me suis régalée, je reviendrai de nouveau vers toi, petit Genie. Ah non ! toi c'est le petit veau... bises de miche

Écrit par : miche | 22/01/2007

Les commentaires sont fermés.

 
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