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02/03/2007

POMPONETTE

CHEZ MARIUS ET JEANNE (suite 2)

3 jours après la mort de pompon,Pomponette faisait son entrée dans la cour des grandes.Eh oui Marius n’ayant pas trouvé de cheval s’était rabattu sur une jument,l’œil vif mais vicieux déjà.

Marius allait mettre une quinzaine de jours pour l’apprivoiser et surtout pour la rattraper dans son enclos .En quelques jours cependant elle était devenue mon amie,j’étais celui qui savait parler à l’oreille des chevaux.

Elle aimait mes caresses sur le nez .Avez vous déjà caressé le nez d’une jument???la peau est d’un velouté,j’oserai dire voluptueux,je ne connais rien de plus doux que cette caresse,c’est la même sensation que lorsque l’on caresse l’intérieur des cuisses d’une femme,si,si,je vous l'assure.

Marius posait le licol,le goupillait sous le cou,heraime lançait le harnais sur le dos de pomponette,soulevait la queue pour la passer sous les lanières de cuir,attrapait la sous-ventrière et la fermait comme une ceinture.

En arri ,(en arrière) disait doucement heraime à Pomponette et la jument s’installait entre les brancards du tombereau ,que Marius et heraime  allaient remplir de fumier .Marius avait au préalable lié les bœufs et on ferait le plein des  deux tombereaux.Marius m’avait demandé : si tu te sens capable de conduire pomponette,je menerai les bœufs, tu n’auras qu’a faire comme moi pour décharger le fumier.

Bien sur,je peux,avais je répondu.Il fallut un bon moment pour remplir les deux tombereaux,on avait beau faire le coq sur le tas de fumier,il fallait prendre les fourchées dans l’ordre sinon c’était infernal .

Une fois ceux-ci  remplis,pomponette qu’heraime tenait par la bride suivait allègrement le pas des bœufs,elle était vaillante,fière.(Elle ressemblait à ça  avec son tombereau,pomponette,photo google)

medium_tombereau_004.jpg

Dans la terre Marius me fit mettre le tombereau en parallèle au sien.Nous défaisions la trappe arrière tenue par une chaîne,et laissions la trappe par terre.

On prenait chacun un bechu(fourche dont les becs sont perpendiculaires au manche)et nous tirions la valeur de deux brouettes pour en faire des tas.

Nous avancions d’une quinzaine de mettre et répétions plusieurs fois l’opération.Je m’étais bien débrouillé,Marius était content.On avait droit à notre canon,du bon,du bien frais .

En partant on jetait la trappe dans le tombereau.Je commençais les journées à sept heures et finissais à dix neuf heures.Je pouvais rentrer chez moi,la maison paternelle était à deux cent mètres .Je dormais bien,c’est une habitude qui m’est restée.Pour ceux qui dorment mal,je viens de donner une bonne recette.Le lendemain, Marius accompagné d’heraime prenaient chacun une fourche et allaient épandre le fumier qui se trouvait en tas.C’était un coup de main à prendre ,chargeant une bonne fourchée,de la main droite on faisait vibrer le manche qui était bien serré dans la main gauche,ainsi le fumier se désagrégeait,on se déplaçait  en marchant doucement et on recouvrait toute la surface de la terre.J’aimais beaucoup faire cela.Plus tard dans mon métier, quand on moderniserait de vieilles machines un de mes chefs me dirait :Dans la m…. t’es vraiment le meilleur.L’habitude sans doute.Oui,mais ça porte bonheur !!!!Alors que les vacanciers arrivaient dans notre beau village,la vie d’heraime s’écoulait comme un long fleuve tranquille.

Des fenaisons,j’ai un seul souvenir,celui d’avoir fait un char de foin qui ne passait pas par les portes de la grange qui devait bien faire 3.5 m de largeur.Il nous avait fallu racler au râteau les deux côtés du char et lui enlever une dizaine de centimetres.C’est la seule fois ou Marius m’a grondé en riant ;il n’avait encore jamais vu cela.Avec heraime,je vous le dis,il faut s’attendre à tout .Enfin presque.Je le vois rire encore d'ici,maintenant qu'il n'est plus là,qui me disait encore :t'imagines,heureusement que c'était pas un char de paille parce qu'on aurait pu racler un sacré moment pour rien.

Commentaires

J'adore les odeurs de fumier, de paille et de foin...de terre mouillée et d'herbe coupée...Ici, à Paris tout es aseptisé...Heureusement que j'ai une bonne mémoire sensorielle et que j'y a engrangé tous ces bons souvenirs...pas de problème de charette, la porte de la mémoire est toujours assez large.
Merci Heraime pour ce récit plein de vie.
Bonne journée.

Écrit par : Anne-Marie | 02/03/2007

Des travaux "sains" qui t'ont marqués Heraime !!! même si à l'époque tu trouvais çà dur et que tu aurais préféré gambadé dans les prés ... aujourd hui tu en parles avec un tel enthousiasme qu'il aurait été dommage que tu ne vive pas toute cette expérience "de travaux forcés" ..à la campagne !!! et aujourd hui tu racontes tout çà avec fierté ..c'est génial !!! allez Hue, Dia !!! bon sang, on attend la suite ...

Écrit par : michka | 02/03/2007

si j' avais caressé ,ne serait-ce qu' une fois, un nez de jument pendant mes "vacances " à la campagne...sans doute en aurais-je gardé un meilleur souvenir !
veinard, va
amicalement

Écrit par : henri | 02/03/2007

Bravo, Centralien, pour cette superbe suite.Avec toi, les fenaisons me semblent plus faciles que je ne les trouvais à l'époque.
J'ai participé à ce genre de travaux forcés des vacances.Je n'ai jamais fait de char de foin, mais j'utilisais ce grand râteau en bois appelé " pluche"en patois bourbonnais.(J'ignore le nom en français).
Amicalement

Écrit par : Allier-née | 02/03/2007

va vite chez Crabillou, c'est ta fête, écroulée je suis!

Écrit par : framboisine | 02/03/2007

Des souvenirs d'enfants je passais mes vacances dans une ferme j'allais jouer dans la paille et pour une Parisienne c'était super en plus il ya avait même les bêtes que l'on allait chercher au pré.
Il n'est pas trop tard pour te souhaiter un joyeux anniversaire j'ai cru en rodant sur les blogs que c'était hier où aujourd'hui.
Bonne nuit.
amitiés.

Écrit par : Sylvie | 02/03/2007

une larme pour la fin de pompon des sourires pour l'arrivée de Pomponette, et mille bravos au conteur qui nous fait revivre tous ses souvenirs partager la vie "simple et tranquille" de cette époque la jachère n'existait pas et où l'"huile de coude était plus indispensable que le bidon d'essence - merci de nous faire partager ces souvenirs amitiés d'une Forézienne Le triangle d'Or : St E. Montbrison Feurs !!!!amitiés d'Astrée

Écrit par : nicolegeorges | 03/03/2007

Voluptueuse ta description, petit René..et" les yeux toujours plus gros que le ventre" pour le chargement de foin...(formule chère à mon papa )...je suis toujours ta fidèle..lectrice ( et non pas jument..!).

Et je compte bien partager avec toi les saucissons que notre cher Crabillou a mis à sécher pour le grand pique nique chez guéguette!!

J'ai pu lire qu'il ironisait encore...le procès en appel n'est pas gagné pour lui..je vois plein de saucissons....

Bisous mon ami et bon week end.Moi, je suis " de mariage" aujourd'hui et demain.

Betty

(Bises à nanou)

Écrit par : betty | 03/03/2007

tu as trouvé une jolie photo, cheval de trait et charrette!
ça fait plaisir de lire tes souvenirs de jeunesse, participation travaux de ferme, je m'imagine la tête de Marius en voyant ton char de foin!!
Par contre, je trouve que ton impression avec la caresse du nez de Pomponette est décalée (impression de 58 ans et non des 18 ans)!!
Bonne journée Héraime, amitiés.Renée

Écrit par : Renée | 03/03/2007

Et si tu allais faire un tour chez Hélène...j'ai bien transmis ton message.

bises.

betty qui file à un mariage ( je suis témoin).

Écrit par : betty | 03/03/2007

Quand tu auras terminé ton voyage en charrette de paille, si tu as le temps, vas sur mon blog pour voir.....

Merci pour cette jolie partie de campagne et bises

Hélène

Écrit par : hélène | 03/03/2007

Sacrée Pomponette qui a le nez au milieu des cuisses !!! Nous, on avait un mulet, il était assez ombrageux . Tu pouvais lui gratter le dessus du museau, là où les poils sont courts et drus.

Tu as vécu une vie de jeune campagnard, où le regard d'approbation du tonton valait certificat de réussite. Conduire un attelage, le rêve de tout gamin. La première fois qu'on m'a confié les manettons de la charrue pour déchausser la vigne, le roi n'était pas mon cousin. Et je me suis retourné au bout pour voir que le sillon , eh beh, l'étais pas fameux fameux !!

Le fumier, dans les vignes, tu le tires le long des souches, sans faire un épandage comme toi.

Salut et bonne ballade dans tes souvenirs de gosse.

Écrit par : christian | 04/03/2007

JE VAIS LA SENTIR LA PAILLE.... le chéri est parti faire le plein pour la cage du lapinou, notre pensionnaire de la semaine. On a les senteurs qu'on peu.... Bon avec ce qu'il va rapporter y aura pas de quoi se rouler dedans en chantant......
couchés dans le foin
avec le soleil pour témoin
un petit oiseau qui chante au loin.....
parce que le soleil il est bien pâle, et que les oiseaux se méfient de la JUJU qui fait ses premières virées printanières et qui ne sais plus où donner de la patte et du museau. Il n' y a qu'un vieux merle, moqueur par dessus le marché qui ose se risquer. Ils avaient pris leurs habitudes les moineaux . Les autres minettes ne faisaient plus l'effort de leur courir après et de grimper dans les arbres .... mais la JUJU ......
Bisous et bon dimanche
ANNIE

Écrit par : MAMINIE | 04/03/2007

J'ai lu et relu, non, non, par pour comprendre, une fois aurait suffi, mais pour le bonheur de lecture, le bonheur de la plume du conteur, le Forez a décidement du bon, du très bon même, Merci René de ces pages, tiens , j'ai encore de la paille dans les naseaux!Framboisine

Écrit par : framboisine | 05/03/2007

Souvenirs La jument s'appellait ..Margot..
C'était le plus grand trésor de la ferme de ma mémée Léonie...pendant les vacances nous aidions tous:charger la charrette de foin (j'aimais)...batteuser.que de poussière .aider à enlever la paille devant la batteuse,le grain plus lourd restait sur le sol,puis ,on le ventait pour enlever ce que l'on appellait.. les pouss..avec le: ventaiere(patois)
La Fête ,car ce travail pour nous était une joie,poussiéreuse,mais le Drac était là pour nous laver, suivie du repas :tourte de pomme de terre
ravioles tourtons de pomme de terre ,de pomme, aux herbes , aux pruneaux..comme pour la vogue du pays.
Et la fameuse tourte à la crème.Ma mémée a emporté avec elle la recette

Mais Margot avait un devoir, pour nous la joie
avec parrain..Gustave..a toutes vacances,venir nous attendre, fièrement attellée a son char à bancs,
a l'arret du car qui nous ramenait pour 2 grands mois de grandes vacances...10 Km au moins..
voilà un peu de nos souvenirs qui me semblent communs et que je lis avec bonheur sur vos blogs
Déduction bien peu d'entre nous n'ont pas de prôches qui ne viennent de la campagne la vraie
merci avec mes amitiés jeanne

Écrit par : jeanne | 05/03/2007

Ne surtout pas confondre le fumier avec la merde !

Un bon fumier ne sent pas vraiment mauvais !

Nous, le fumier on le tirait du tombereau au "Bigot", la fourche à l'équerre.
On l'étalait en le secouant avec une fourche à fumier, à quatre ou cinq piques, alors que la fourche à foin n'en a que trois.

Je ne doute pas un instant que pour "semer la merde", tu étais le meilleur RM...

A bientôt...

Écrit par : Crabillou | 07/03/2007

La preuve demain mon cher crabillou,la preuve demain dès l'aude,dès que blanchit la campagne.

Écrit par : heraime | 07/03/2007

A lire tout cela, je vois qu'il n'y a pas que le père de Coluche qui travaillait à mi temps....

Écrit par : Anne-Marie | 07/03/2007

Les commentaires sont fermés.

 
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