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22/02/2007

vacances 2-CHEZ MARIUS ET JEANNE

La mort du petit cheval.

DANS MON VILLAGE NATAL-CHEZ MARIUS ET JEANNE

Père avait du penser qu’heraime serait tout aussi bien à faire quelques travaux agricoles dans une ferme voisine du village plutôt que de glandouiller pendant les vacances suivantes après celles que j’avais passées à la rivière chez oncle Joseph et tante Génie.Marius et Jeanne qui portaient tous deux la cinquantaine n’avaient pas de fils assez grands pour les aider,seule une fille d’une dizaine d’année  pouvait prétendre garder le petit troupeau de vaches laitières.Marius était taillé comme Heraime,petit rablé ,costaud.Beaucoup plus costaud.

Heraime serait donc le bienvenu pour aider Marius,à faire les foins,les moissons et les autres travaux.

C’était un lundi,il avait plu,Marius avait attelé son vieux percheron d’une grande gentillesse et nous étions descendus à Montbrison ou Marius avait une vigne de deux mille mètres carrés de terrain sablonneux ou poussaient les ceps de gamay.

Son vin titrait allégrement le douze degré,et comme il possédait une bonne cave c’était comme dirait Crabillou,du bon, du bien frais.Marius ne ferait jamais endurer soif  le petit heraime contrairement  à un autre endroit dont il ne parlera jamais.

Pompon le percheron avait fait ses dix km.On lui avait enlevé ses harnais,donné son avoine et il se reposait près de la loge de vigne.

Marius attachait celle-ci avec des joncs que nous avions ramassés la veille près d’une mare.

Heraime appointait les feuilles qui dépassaient  les fils de fer tendus sur chaque rangée de ceps.

Heraime qui allait plus vite pour tailler que son patron pour attacher donnait donc la main à Marius.Après le repas de midi tiré du sac,nous avons repris notre travail jusqu'à quatre heures.

Il nous fallait penser à repartir et refaire les 10 km dans l’autre sens.

Alors que nous avions mis le licol et que l’on avait lancé le harnais sur les reins de pompon nous vîmes celui-ci s’affaisser sans bruit.

Marius compris immédiatement qu’il venait de perdre son vieil ami de toute une vie.

Un voisin avait vu la scène et vint en disant en patois :Bailla li de triol o li baillera de san.

Comme je ne sais pas écrire le patois comme crabillou,je vais traduire en français mon incompétence 

-Donne lui des trèfles ça lui donnera du sang. Hèlas,il n’y avait plus rien à faire pour pompon.

Marius appela avec l’aide du voisin l’écarisseur.Je ne me souviens pas bien de la suite,sauf que nous fûmes obligés de faire du stop pour rentrer.

Jeanne en nous voyant arriver en voiture venait de comprendre qu’un drame s’était passé.

Marius m’avait consolé en me disant –Pompon il a bien fait son travail,il était brave et docile,c’est sur je vais le regretter mais je vais en racheter un autre,on l’aura avant la fin de la semaine.

Heraime allait attendre avec impatience son nouvel ami. En souvenir de pompon et de blanchette la chienne,la peinture de heraime sur le classeur de mon ami lyonnaise.

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30/01/2007

Gros fumé 4 devoir de vacance 7

suite et fin des devoirs de vacance sur la montagne.

la station de ski de chalmazel était sur notre droite.

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Elle ouvrirait en 1965 ses pistes.(photo heraime)

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 Nous avons cassé la croute aux pieds des radars dans un paysage grandiose,

heraime épuisé par la longue montée mangeait le saucisson avec appétit, pendant que Joseph continuait son enseignement.

Plein ouest  perdu dans les brumes, tu vois le Sancy, en bas au sud les jasseries de la richarde avec sa chapelle.

photo google.

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heraime regardait à droite, à gauche, devant, derrière, partout.Le savoir de joseph l’impressionnait.

 Bien conscient du cadeau d’adieu qu’il lui faisait.

Il était 14 heures, l’heure de redescendre au gros fumé. On va longer la lisière des bois,au dessus des grands chars,parfois en hiver il ya ici des congères de 15 à 20 mètres de hauteur me disait encore joseph.

Sachant que d’autres chanterelles attendaient sa visite, des jaunes cette fois ci, et c’est lui qui allait remplir son panier.

Après cinq kilomètres de descente nous étions arrivés au dessus des jasseries de colleigne.

Joseph me dit encore : il est 17 heures on va faire un petit détour par la piste sur la droite pour voir la madone de Renat.(photo heraime,40 ans plus tard,la madone marquée par les intempéries )medium_-radar_017.jpg

Perdue dans la bruyère, éblouissante à mes yeux, la vierge dominait tout le paysage.

 Se recueillant en silence ,heraime et joseph posèrent un petit bouquet de fleurs à ses pieds.

C’était dimanche, la journée avait été magnifique, en signe de gratitude pour notre belle ceuillette nous nous devions de faire ce petit cadeau à la déesse.

Génie nous avait vus venir de loin.Heraime était cuit, 20 kms dans ses gambettes en coton, heureux au possible, les vacances étaient finies.Un brin de nostalgie lui perçant toutefois le coeur.Après cette marche harassante,lui revenait en mémoire un dimanche ,où de la maison de la rivière nous allions a sauvain, à la messe,sans manger,pour faire notre communion,nous faisions ensembles plus de 10km à pieds,aller et retour.Le referions nous aujourd'hui????

Apres avoir soupé de bonne heure, Joseph et heraime allaient redescendre à la maison de la rivière.

Laissant Génie encore quelques jours , seule au gros fumé.

Il y avait des larmes dans les yeux de heraime et de Génie au moment du départ.

Le lendemain heraime allait faire ses adieux et revenir chez ses parents à chatelneuf, à pied.

Il suivrait le petit ruisseau de la rivière jusqu’au village du crozet, remonterait à courreau,

Prendrait la direction de fraisses et chatelneuf soit une bonne dizaine de kilomètres.

Ramenant avec lui  une grosse motte de beurre et un bon plat de chanterelles pour la maisonnée.

Il arriverait pour midi, la tête pleine de bons souvenirs, d’enseignements distillés avec amour par joseph.

Comme le téléphone n’existait pas encore à la rivière, heraime ferait la surprise du retour à ses parents,qui savaient cependant que l’école allait reprendre dans la semaine.Heraime allait retrouver sa place dans l'espace confiné du collège mario meunier à montbrison,gardant dans un coin de sa petite tête les grands espaces des monts du forez ou il pourrait s'évader en rêve à chaque fois que nécessaire.

Merci Génie pour ces heures de bonheur la haut sur la montagne, merci Joseph pour tout, toi qui m’a tant et tant appris,souvent je ressens ta présence,comme un guide.Tu m'apportes la paix et la sérénité.

Merci Jeannot pour avoir été un grand frère, merci à toi Josette pour tes superbes tartines beurrées avec un bol de lait.

Merci grand père Jean marie pour m’avoir appris à faire les chars de foin. Et à lier les bœufs.

Merci à vous tous,vous qui n'êtes plus là aujourd'hui ,je vous devais ces remerciements avec une infinie gratitude.

 Grand père Jean-marie,Heraime se souviendra longtemps des mots que tu lui disais, en lui tapant sur l’épaule : ça ,c’est mon vaillant.

Heraime venait d’apprendre le sens du travail et le gout de l’effort. Les vraies valeurs de simplicité de la vie au grand air.

Quelques jours plus tard , à l’école ,les choses sérieuses allaient recommencer.

Heraime pensait cependant que tout ce qu’il venait de vivre était encore plus important que tout ce qu'il apprendrait dans les livres.

un dernier cadeau,sur google earth.Que vous pouvez installer(voir google)

apres l'installation,tapez en haut à gauche,colleigne loire,cliquez sur la loupe à côté.

medium_gros_fume_004.jpg

 j'ai essayé de faire une photo 3D de l'endroit de ces vacances.En 1.les radars de pierre sur haute à l'arrière l'auvergne.En 2..les pistes de ski de chalmazel.E n 3.la vallée de la morte.en 4.chassirat et ses bergères.en 5 maison de joseph et génie,la rivière.en 6 les gouttes.en 7 la font fort et sa source d'eau ferrugineuse.en 8 la cascade de chorsin.en 9 garnier et son estive de moutons.en 10 l'oule.en 11.renat et sa madone.en 12 le gros fumé,colleigne lui faisant face.en 13 chorsin et nos fenaisons.merci à ceux qui m'ont suivi jusqu'au bout.La photo ne pouvait être parfaite,c'est une photo d'écran modifiée.

Y aura t-il d'autres devoirs de vacances??sans doute!!croyez vous qu'heraime ait pu rester sans rien faire?????

29/01/2007

Gros fumé3- DEVOIR DE VACANCE 6

Gros fumé DEVOIR DE VACANCE 6 –(aout 1964)

Dernier samedi de vacance pour heraime à la jasserie du gros fumé située a 1350 metres d’altitude environ. Joseph lui disait :

Il fait très beau, demain c’est dimanche et c’est ton dernier jour ici, alors on va en profiter pour aller voir les radars, la haut sur la montagne à 1634 mètres d’altitude

Point culminant des monts du forez..medium_-radar_037.jpg(photo heraime)

Mais auparavant on descendra dans les bois de la morte ou l’on a une loge, on ramassera des choux-fleurs.

Heraime se demandait bien qui avait pu planter des choux-fleurs dans ces bois.

Non, non me disait Joseph, c’est des chanterelles violettes, après on remontera aux radars et on reviendra en longeant les bois au dessus de colleigne,si on a le temps on rejoindra Renat ou se trouve une belle madone.

Le programme enchantait heraime,la pêche ou les champignons,heraime était toujours partant.

De bonne heure, chaussés de nos bottes, le panier sous le bras, nous prîmes le chemin qui descendait vers la loge de la morte

Joseph me disait : tu vois à cent mètres à gauche derrière cet arbre il y a un ( jas ) de chanterelles

(cercle comme les ronds de fées dans les prés à mousserons).

Joseph savait tout,heraime ne savait rien, mais découvrait avec des yeux émerveillés les premières chanterelles violettes en arc de cercle.

 Que c’était dur de les voir,de dessus, elles avaient la couleur brune de la terre et violettes par dessous.

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Heraime les coupait, car Joseph dans sa grande bonté donnait plus qu’il ne recevait. Là ,disait-il,regarde, il y en a d’autres.(vallée de la morte au fond de la combe, photo heraime)medium_-radar_042.jpg

 Arrivés à la loge de la morte (démolie aujourd'hui) Joseph me disait encore : tu vois c’est là, qu’a l’hiver avec Jeannot on vient couper les sapins,

 on les sortira avec les bœufs BLOND et MOUTON, ils sont encore jeunes, ça va les dresser.

 Le panier de joseph était presque vide, le mien était plein. Il y avait une bonne raison à cela. Une leçon de vie à apprendre.

 Ce qu’heraime n’avait pas compris c’est ce que les trois kilomètres de montée jusqu’aux radars allaient lui faire rendre comme sueur.

Joseph se gardant bien de rire, mais sans doute pas mécontent de la leçon qu’il venait d’infliger au petit René.

Dans le dernier kilomètre de grimpette,joseph me dit : donne ton panier petit, je vais porter, estimant que la leçon était suffisante.

 Au détour des derniers arbres et des genevriers, les radars impériaux se dressaient  majestueusement devant nous.medium_radargoogle.jpg(photo google ,prise en hiver)

Des pylônes de vingt mètres de hauteur avec des paraboles de 15 à 20 mètres de diamètres s’offraient à nos yeux.

 Joseph disait encore : c’est beau hein ;heraime  acquiesçait, dodelinant de la tête.

 La zone militarisée était entourée de barbelés, quelques militaires nous regardaient, voyant passer deux paysans avec des paniers,se doutant bien qu’ils n’avaient pas  à faire à des terroristes. A droite on voyait la montée du télésiège de la station de ski de chalmazel en construction.

 

 

 

Demain suite et fin.

24/01/2007

Gros fumé2 DEVOIR DE VACANCES 5

suite gros fumé -épisode 2

Finalement heraime n’avait pas le temps de s’ennuyer. La vie s’écoulait tranquille au rythme lent des bottes de heraime  dans les tourbières.(photo heraime)

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 Garder le troupeau avec finot, faire les lavées, tourner la manivelle de la baratte pour faire prendre cette crème du lait en paillette,comme des grains de riz pour en faire une molette de beurre dans un moule de cinq kilos.baratte photo google

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 Parfois il fallait tourner la manivelle deux heures durant,heraime en aurait pleuré.

 Je crois même qu’il a pleuré. Mais ne le dites à personne. Des fois que ça pourrait le vexer.

Heraime disait :tante génie,j'en peux plus,s'il te plait.Tante génie repondait,faut pas s'arreter,sinon le beurre ne prendra pas,heraime tournait,tournait à en prendre la lourde.

Pendant ce temps Génie faisait la soupe ou filait la laine au rouet.(photo google)

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 Puis heraime faisait téter le veau au petit bidon avec sa tétine, posée sur son genou .

Se tenant les deux pattes de devant écartées le veau(mon boudy) buvait goulument, ensuite heraime lui mettait la main dans la bouche, le veau tétait encore,sa langue râpeuse chatouillait heraime qui rigolait de ce plaisir nouveau et pourtant si simple,une bave blanche pendant de chaque coté de sa main.

 Dés qu’il faisait nuit, tante Génie disait :on va se coucher,tante n'était pas bavarde.

 Le soir, le petit René grimpait dans le lit de bois haut perché,c'était la première fois qu'heraime allait dormir avec une femme (voila vous savez tout) ,....contre tante Génie dans la paillasse en feuilles de hêtre.

 La baratte,elle, se reposait de son côté.

 L’électricité n’existait pas sur la montagne.

Seule, la lampe de poche illuminait quelques secondes la jasserie ou se répandait la chaleur des bêtes à cornes.

On économisait les piles au maximum.

La première nuit heraime dormit très mal, réveillé par le bruit des bêtes, et la paillasse trop rêche.

 En fin de semaine,heraime allait attendre joseph le samedi matin, vers 9h à la limite de la bruyère et des sapins à deux kilomètres de là.(photo heraime)

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 Courant dès que papillon pointait le museau, faisant une bise à joseph qui demandait :la semaine s'est bien passée?? Dans le tombereau il y avait des patates, des salades, et surtout des tourtes de pain. Un saucisson ou deux.

 Quelques morceaux de bois pour le fourneau.

 Joseph redescendrait le dimanche soir avec des mottes de beurres pour le marché de Montbrison.

Avec Joseph,on partait arracher à la pioche quelques racines de gentianes,(photo google)

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Joseph continuait inlassablement l’instruction de heraime : Tu vois petit, dans quelques années on ne pourra même plus arracher la gentiane, cette espèce sera protégée car il faut près de vingt ans pour qu’elle repousse ;on en fait des liqueurs, de la Suze par exemple, heraime affichait superbement son ignorance devant les connaissances de son oncle.

Tu vois petit au dessus de la combe une zone de tourbières dangereuses,on les appelle les gours des aillères (photo heraime)

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 si tu approches doucement tu sens la tourbe trembler sous tes bottes, la zone est vert fonçé, on dit que dans le temps un curé s’y est égaré, il s’est noyé, on dit aussi qu’une vache y est tombée dedans et que l’on a retrouvé sa cloche à st Georges en couzan dans un puits, 35 km plus en aval, bon,ça, ce sont des histoires,je suppose.

 D’accord, mais des histoires à empêcher heraime de dormir.

 Il me faisait voir aussi des fleurs d’arnica , qu’il descendrait dans les pharmacies montbrisonnaises

Tu vois petit de ces fleurs on en fait de la pommade pour les coups, les entorses et les foulures (photo google)

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Joseph me faisait goûter aussi de la réglisse ,On la reconnaissait à ses fleurs comme des gousses de haricot.

Heraime mâchouillait ces racines de longues heures en gardant ses vaches.Dans la combe,ou le ruisseau du gros fumé, il faisait suivre sa canne à pêche et attrapait souvent les deux truites que Génie ferait cuire le soir même.Rissolantes dans la poèle,la queue dressée vers le ciel.

Au loin, vers le hameau de Chassirat, heraime voyait une ou deux bergères perdues comme lui dans l’immensité.

Belles , avec leurs jupons ,comme l’étaient sans doute les bergères du passé, ou dans ses fantasmes de gamin.

Mais trop timide, malgré un érotisme naissant,il ne se résoudrait jamais à combler la distance qui le séparait de celles-ci.

Heraime était déjà con à l’époque et ça ne pourrait nullement s’arranger dans le futur.

 

la suite ,et fin,bientôt.

 

 

 

19/01/2007

Gros fumé,DEVOIR DE VACANCE 4

Gros fumé-DEVOIR DE VACANCES 4

Les lavées.Aout 1964(suite de chorsin)

Chez Joseph(frère de mon père) et tante Génie(soeur de ma mère) .

La seule et unique photo que je possède de Joseph à droite,Génie à gauche,père au milieu,heraime derrière.

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Les fenaisons terminées, à chorsin puis aux gouttes , comme il ne restait plus d’herbage pour la nourriture du troupeau composé de quatre bœufs et d’une douzaine de montbéliardes ainsi que d’un ou deux veaux, joseph décida qu’il était l’heure pour sa femme Génie de monter le troupeau sur la montagne, au lieu dit : le gros fumé, en estive ,ou il possédait une jasserie..

 Il garderait à la rivière une paire de bœufs, muguet et papillon dont il aurait besoin pour les travaux restants.

Pour une fois que Génie disposait d’un valet en la personne de heraime, elle n’allait pas s’en priver.

Cela la distrairait et lui ferait de la compagnie.

                                                           *

Nous voila partis, après la traite du matin, par le chemin caillouteux  et tortueuxqui grimpait dans les sapines.

La lueur diaphane du jour tentait de percer au travers des branchages et des aiguilles odorantes des résineux.

 Sur un simple mot de heraime Finot se chargeait de temps à autre de récupérer les bêtes qui tentaient de s’égarer.

Après deux heures de marche au rythme nonchalant du troupeau, sans aucun stress, nous sortîmes des bois.

C’était un âge ou le temps n’existait pas, ou le profit importait peu. On prenait le temps de vivre.

On respirait l’air frais du matin et on s’emplissait les poumons des ions négatifs qui nous revivifiaient le corps.

 La mémoire ancestrale des vaches existait bel et bien car nous arrivâmes sur la montagne,

 à 1300 m d’altitude, ou l’on croisait une piste en terre battue.

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Heraime n’avait jamais vu une étendue de tourbe et de bruyère d’une telle ampleur.

Des hectares et des hectares de bruyère et de bosquets de petits bouleaux, et des tourbières à perte de vue.

 C’était le désert, au loin les radars de Pierre sur haute ,La limite de la Loire et de l’auvergne chère à mon ami Alain.

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Nous marchâmes encore deux bons kms avant d’atteindre la jasserie(mas) du gros fumé .

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A l’arrière plan les jasseries de colleigne.(photo heraime)

 Le temps que tante Génie fasse rentrer tout le troupeau , heraime regardait les environs .

Comment ne pas se perdre devant l’immensité qui se dressait devant lui ??? (photo heraime)

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 Je crois bien qu’une larme perla à ses yeux. Mon dieu comme il allait s’ennuyer tout seul ?

 Pas de copain pour jouer avec lui, pas âme qui vive à des kilometres, il se sentait perdu.

 Perdu, mais en même temps responsable, à quinze ans ,de tante Génie.

 Tout pouvait arriver !!!!

 Une crise d’appendicite. Un accident. Que Génie, qui n’était plus toute jeune fasse un malaise.

 Il avait compris que joseph serait plus rassuré. S’il le fallait,heraime, petit homme, mais grand garçon ,

pourrait revenir à la maison de la rivière en cas de pépin.

 En ce temps là, on évitait de penser au danger.

 Apres avoir gardé les vaches dans la combe ou serpentait un ruisseau paisible (voir photo de heraime)

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(Vous remarquerez au premier plan un œuf de dinosaure, la coquille est encore fendue. NON,heraime déconne)

Génie m’expliqua ce qu’étaient les lavées.

Pour fertiliser ces étendues d’herbe et de tourbe il fallait récupérer la bouse des vaches, engrais cent pour cent naturel pour les tourbières.

 

 Les anciens ne manquaient pas d’ingéniosité pour cette besogne.Une mare se trouvait trente mètres en amont de la jasserie,

lorsqu’on lui enlevait la bonde (rond de bois entouré d’un chiffon) elle lâchait cinq mètres cubes d’eau en quelques minutes à travers la jasserie,la traversant de part en part en emportant toute la bouse, qu’heraime,avec ses bottes, avait raclée dans la rigole centrale ,les vaches se trouvant de part et d’autre, surélevées sur un plancher de béton de quinze centimètres.

Dés que la bonde était enlevéee,heraime courait débarrer les tranchées en épis qui se trouvaient en aval de la jasserie.

 Une rigole principale descendait à cent mètres toute droite, puis en remontant, des tranchées transversales à faible pente,tout les vingt mètres, emmenaient l’eau mélangée à la bouse,heraime remontait vingt mètres toutes les minutes ,et posait trois ou quatre mottes de tourbe dans la rigole principale en les tassant, et ainsi de suite jusqu’en haut.

L’eau boueuse déviée de la tranchée principale prenait les rigoles en travers pendant une minute

Par infiltration l’engrais naturel (BIO) faisait son travail tout seul.Heraime, une fois la mare vidée,

 enlevait les mottes qui barraient la levée principale pour les lavées du lendemain, remettait le bouchon de la bonde.

Ensuite Il se lavait les mains, il venait de faire sa première lavée.

Il regardait avec des yeux émerveillés  la mare se remplir lentement.

BILD0063.JPG

La réverbération du soleil lui faisait cligner les yeux pendant que les petites grenouilles vertes et grises regagnaient l’abri qu’elles avaient perdu quelques instants auparavant .

La suite, bientôt. Si je peux !!

15/12/2006

Cascade.DEVOIR DE VACANCES 3

Cascade de CHORSIN ,la chute ! (suite devoir de vacance 2 et fin)

La vallée de chorsin.Les vaches étaient heureuses avec heraime.Et heraime était heureux avec elles.

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Allez,ho !!d’un petit coup d’aiguillon heraime venait de faire avancer les bœufs au milieu des deux roules de foin, pépé était déjà installé dans le char.

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Tcheu-là !!les bœufs stoppaient. Joseph avait enfourché la roule gauche et envoyait une bonne brassée de foin que pépé enroulait entre ses bras avant de la déposer au fond du char dans le vé des deux ridelles longitudinales en l'écrasant avec son genou droit.

 Jeannot faisant de même à droite. Joseph et Jeannot raclaient ainsi une dizaine de mètres.Heraime savait,à chaque fois, qu’il fallait avancer le char d’autant.

 Pépé, tiens toi, j’avance. Le cycle recommencait.Pépé déposait les brassées de l’arrière vers l’avant, en sept ou huit rangées le char était plein.

Pépé attrapait la perche de quatre mètres, faite d’un petit sapin de dix centimètres de diamètre, qui allait retenir le foin, enfilait l’encoche dans la ridelle verticale à l'avant.

Joseph lançait la corde par-dessus la perche à l’arrière du char et l’accrochait au treuil,vers les roues arrières, qui allait tendre celle–ci. On râtelait les deux cotés du char pour faire tomber le surplus qui se serrait perdu en chemin. On rentrait à la loge et Jeannot déchargerait le char par le petit fenestron, joseph et grand-père enverraient au fond de la fenière le foin qu’heraime allait empiler. Dieu du ciel, que de poussière et de toiles d’araignées j’ai avalées en entassant le foin sous les poutres de la grange. Et bien sur, après ces travaux ,il n’y avait pas de douche .A chaque fourchée de jeannot par le fenestron,heraime était dans le noir,à l'époque,le travail au noir,c'était cela.

 La sueur collait les brindilles séchées qui se cassaient dans le cou du petit René, piquant autant que les taons du dehors.

 Nous chargions de trois à quatre chars par jours, les après midi. Le dernier char, nous le ramenions a la maison de la riviere.

Ce jour là, la pluie menacait, et nous bousculions les bœufs avant que la pluie n’arrive.heraime qui se trouvait derrière le char voulu remonter à l’avant en courant du côté gauche, surpris par un bruit anormal ,muguet lança un terrible coup de pied qui envoya heraime deux mètres à l’arrière du char.

 Si Jeannot n’avait pas été la, personne n’aurait rien vu,heraime agonisait,incapable de retrouver son souffle.

 Plus de deux minutes s’écoulèrent avant que le petit René puisse dire une seule parole.

 Joseph, jeannot,pépé étaient blancs comme des morts et venaient d’avoir la frayeur de leur vie.

Reviens petit,reviens criait Joseph.

 Jamais ni ma mère ni mon père ne surent ce qui était arrivé ce jour là.

Se tenant le coté droit heraime était pressé de retrouver la maison de la rivière ou Génie et Josette se dépêchèrent de mettre une compresse d’arnica sur le coté droit du torax devenu  tout bleu.

Heraime alla se coucher, je sais que Joseph vint me voir dormir ,espérant qu’aucun organe ne serait touché.

 S’il me manque la vésicule aujourd’hui peut être y a-t-il une corrélation avec ce fait. Au petit matin Joseph fut soulagé quand il vit qu’il n’y avait pas de sang dans les urines du petit rené.

Il plut toute la nuit, et le matin aussi, jeannot était reparti avec la motofaucheuse pour couper l’herbe vers une autre loge qui se nommait : les gouttes.

 On coupait quand il pleuvait, ce qui donnait toute chance de rentrer le foin les jours de beau temps. Je me souviens d avoir gardé les vaches à cet endroit ,appelé les gouttes,  sous un terrible orage de grêle, abrité sous un gros rocher.

Joseph, maintenant de bonne humeur me dit : c’est dimanche, avec toute la pluie qui est tombée je vais à la pêche à chorsin, de la font-fort jusqu’à la cascade, tu veux venir ?Bien sur tonton, mais je ne sais pas pêcher.

 T’inquiètes pas, à chorsin j’ai deux cannes en bambou de cinq mètres il y en aura une pour toi et je te ferais voir. Après avoir ramassé chacun une pleine boite de vers, nous voila partis.

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 La rivière était belle, une eau forte et teintée.

Heraime et joseph de part et d’autre de la rivière s’approchaient à pas de loup, du premier trou. Joseph m’avait fait voir comment accrocher le ver.

Il me dit, tu descends l’appât au fond, tu relèves doucement, si tu sens un toc,  dans le poignet, c’est qu’une truite a engamé ton vers, tu relâches doucement et tu ferres trois secondes après d’un bon coup de poignet, comme ça, et je vis la première truite au bout du scion de sa canne.Je venais de comprendre pourquoi on appelait cette pêche,la pêche au toc.Heraime compris vite ces choses là. A cinq heures nous étions à la cascade.La partie de pêche prenait fin.Et les truites n'étaient plus mordeuses.

Heraime était loin de se douter qu'il  tenterait de faire de cette cascade une peinture quarante ans plus tard.

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Joseph avait treize truites,heraime pour sa première partie de pêche de sa vie en avait neuf .

Il ne se souvenait plus du coup de pied en vache (boeuf)de muguet, la veille.

heraime respirait l’air frais et vivifiant  de l’après pluie.

De nouveau Joseph continuait l'instruction de rené:les truites toujours dans un panier d'osier avec des fougères,jamais dans un panier en plastique,sinon dés qu'il fait chaud, elles deviennent vite avariées.Regarde là ces grandes tiges pleines de fleurs violettes,c'est de l'épilobe à petites fleurs,il y en à plein par ici,ça soulage les problèmes de prostate en infusion,mélangées à de l'ortie piquante ça règle les problèmes de vessie.

De retour à la maison de la rivière Génie et Josette allaient nous fricasser les belles tâchetées de points rouges. Les queues des fario se redressaient toutes seules dans la poèle.Heraime allait manger des truites succulentes au bon beurre de la baratte et ne pourrait plus jamais se passer de sa future passion pour la pèche.Les temps ont changés;heraime ne pêche plus aux vers,mais à la mouche avec une grande canne de sept mètres.

Ma vie de vacances se déroulait chaque jour comme un  long fleuve tranquille.

Ainsi se termine l’histoire de chorsin pour ces vacances.

Je peux ajouter que dans les temps anciens se trouvait à chorsin un ermitage avec des moines, avec une vierge noire,celle ci se trouve maintenant à champdieu,à deux km à vol d'oiseau de mon village ou je réside.Elle était réputée pour ses miracles.Elle fut transférée en 1715 de chorsin (commune de sauvain )à champdieu.(nous reparlerons de sauvain le 18 dec pour un article sur la tour eiffel )

Il y aura peut être une suite à mes devoirs de vacances,mais sur la montagne,dans les jasseries du gros fumé.Sous pierre-sur-haute.Si les souvenirs reviennent à la surface.

11/12/2006

-CHORSIN-DEVOIRS DE VACANCES 2° EPISODE

Devoirs de vacance 2.(suite)

Chez oncle Joseph et tante Génie.

Après le petit déjeuner préparé par Josette ,Jean-marie,Joseph,Jeannot et heraime repartaient avec les boeufs bruns ,attelés au char, en direction des prés de chorsin,situés dans la vallée du Lignon pour retourner le foin, une fois que la rosée du petit matin se serait estompée.

Josette et génie nous avaient préparé le repas de midi que nous sortirions de la musette, le moment venu.

 Une marche de vingt bonnes minutes pour arriver a chorsin nous attendait.

Armés de nos quatre râteaux de bois, nous allions, andain, après andain retourner une dernière fois le foin

 dont les effluves odorants nous emplissaient les narines. Déjà, malheureusement comme le temps devenait lourd,

 les taons commençaient sérieusement à piquer. D’une bonne claque, certains s’écrasaient d’un jus jaunâtre sur la figure du petit rené en lui faisant de belles cloques.(photo,source google)

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Quelle souffrance ces taons, pour nous et pour les bœufs qui attendaient de faire leur travail dans l’après midi.

 A 11 heures nous avions retourné ce que Jeannot avait coupé à la motofaucheuse, la veille.

 Joseph me tapait sur l’épaule en me disant : dis petit tu as entendu parler de la source d’eau minérale ?- La font-fort.Oui tonton, mais elle se trouve où ?

Viens avec moi, ce n’est pas loin, un bon km. Me voila sur les talons de joseph, pour voir cette fameuse  source.Nous redescendîmes la rivière juste au dessous du pont de chorsin et là, située dans le lit de la rivière du haut-lignon, plus communément appelée Pierre-brune, dans le creux d’un rocher se trouvait la source d'eau férugineuse.

 Joseph avait fait suivre sa gourde que nous remplîmes jusqu’au goulot;elle étancherait notre soif de l'apres-midi.

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Le rocher de couleur ocre laissait deviner l’emplacement de la source car le niveau de la rivière avait baissé depuis l’été.

 Nous revînmes à chorsin pour déguster le repas tiré du sac.

Pendant le trajet de retour, joseph ne cessait de m’instruire, tu vois petit, ça c’est de la reine des près, on en tire en pharmacie de l’aspirine,c’est bon pour les douleurs.il y en avait partout le long du ruisseau .Des grandes tiges blanches, plus grandes que moi baignaient les rives ensoleillées du ru qui serpentait dans l’herbe grasse.

 Et le long du chemin :Tu vois petit, ça c’est du millepertuis, on en fait des onguents mélangés avec du saindoux,tu sais, la graisse de cochon.

Les fleurs jaunes s’étalaient en grappes compactes et odorantes.

 Les odeurs étaient partout,heraime se sentait heureux au contact étroit de la nature ;il apprenait tout ce qui n’était pas dans les livres d’école.

 Le bonheur, et le bon air l’inondaient. Sa soif de connaissances émerveillait joseph qui se faisait une joie,

 que dis-je, un devoir de lui enseigner son savoir, et de lui donner le meilleur de lui-même.

 Ne se doutant surement pas que le petit heraime lui rendrait un jour sur le net un hommage appuyé et si mérité.

 Tu vois rené, ça c’est de la mélisse, un antispasmodique puissant avec de bonnes vertus digestives.

Ainsi,heraime s’emplissait de ce savoir ancestral. Les simples n’auraient bientôt plus de secrets pour lui.

 Entre simples, on se comprenait.

Apres le repas, on se reposait une heure avant d’attaquer à faire des roules de foin de plus de cent mètres de longueur.Jeannot tournait l'andain à gauche en ratissant deux mètres de largeur,heraime faisait de même,à droite nettoyant ainsi 4 mètres ,pour laisser passer le char ; De chaque côté de la roule de foin amorçée,joseph ratissait 2 mètres et pépé faisait de même de l'autre côté.Ensuite ,les roules terminées,on allait lier les boeufs.

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Joseph prenait  de sa main gauche PAPILLON par la corne droite, jeannot posait le joug sur sa tête ,joseph prenait le tampon de cuir et le posait sur le front du bœuf, puis attrapant la lanière de cuir il en faisait plusieurs tours en huit, autour des cornes,l'extrémité de la laniere en forme de fuseau était repassée sous un tour précedent.

 Jeannot prenait de sa main droite MUGUET par la corne de gauche , celui-ci faisait toujours de la résistance et se laissait difficilement mettre le joug.

medium_joug.jpgphoto(source google)

 Ensuite joseph faisait de même en m’expliquant tout cela ;Tu vois petit ,faut bien serrer la lanière,comme ça.En mettant son genou sur le front d'un des deux boeufs.PAPILLON et MUGUET étaient liés

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Je ne quitterai pas oncle et tante en fin de vacances sans avoir lié moi-même ces deux bœufs.Je ne le ferai pas avec BLOND et MOUTON ,les deux autres restés à la maison de la rivière,trop jeunes et trop fougueux.Nous passions un onguent sur la tête des boeufs que nous appelions de l'émouchine, un répulsif pour mouches et taons.Quelques fois aussi, nous mettions un bandeau avec des lanieres qui pendaient devant leurs yeux.

 Il suffisait d’atteler le char,passer le timon entre les deux anneaux du joug et poser la grande goupille entre ces deux anneaux.La goupille entrainait le char en appui sur l'anneau arrière.Dans les descentes elle se trouvait en appui sur le premier anneau pour le retenir.Nous étions prêts.

Jean-marie le grand-père ferait le char,

Joseph chargerait à gauche, Jeannot chargerait à droite ;heraime conduirait les bœufs. Les rôles étaient bien définis.

A suivre.

07/12/2006

DEVOIRS DE VACANCES -1° EPISODE

DEVOIRS DE VACANCE 1

CHEZ ONCLE JOSEPH ET TANTE GENIE.( a la maison de la rivière)

La haut, sous la lisière des bois de la plus haute montagne du forez, à 1000 mètres d’altitude,à cinq km à vol d'oiseau de pierre sur haute,point culminant du forez,comme chacun sait, se trouvait la seule maison habitée par le Joseph et la Génie.Mon oncle et ma tante. J’y ai vécu beaucoup de bonheur pendant mes vacances scolaires. Je devais avoir 15 ans,

Ce furent de belles vacances, en pleine nature, au milieu des sapins et des fougères, et des prés pentus et verdoyants.

Nous nous levions à 6heures et pendant que tante Génie trayait les vaches, Joseph ,le beret vissé sur la tête,tirait le fumier dans la rase avec la raclette,puis le chargeait à la fourche dans la brouette et le sortait sur le tas qui se trouvait dehors,

 René,les yeux encore ensommeillés découvrait son bol de lait cru, avec deux sucres, que Josette,la belle fille venait de lui faire chauffer.

Deux grosses tartines de pain de seigle recouvertes d’un beurre fait à la baratte dont j’avais tourné la manivelle de nombreuses fois, m’attendaient.

Je faisais durer le plaisir, le palais tout émoustillé de ces saveurs nouvelles et inconnues pour moi, avant de garder la douzaine de vaches montbéliardes.(coucou ninette)

Ah !! Ces tartines qui me font encore saliver aujourd’hui, rien que d’y penser ; j’en salais le beurre d’une couleur coquille d’œuf que l’on ne retrouve plus aujourd’hui.La motte de beurre était enroulée dans un torchon qui pissait l'eau de fontaine.

Après un petit coup de gant sur la figure, le petit René se dirigeait vers l’écurie en faisait la bise à tonton et tata.Puis il écartait ensuite la paille avec une fourche, sous le ventre des génisses,avant que joseph ne les détache avec les deux paires de bœufs. Une paire,déjà âgée, rouge comme les salers,  et l’autre,une paire de blonds, dont un portait le nom de Mouton et l’autre de Blond. Cette dernière paire, toute jeune, mais encore sauvage, allait servir l’hiver prochain pour débarder les arbres que Joseph et Jean, son fils plus âgé que moi d’une bonne vingtaine d’années, allaient couper  après les fenaisons.

Armé de mon baton et de finot ,mon chien, on se dirigeait vers le pré situé en contrebas et pendant deux bonnes heures heraime faisait bonne garde.

 Pendant ce temps Jeannot et Joseph étaient partis couper avec la moto faucheuse un pré qui se trouvait à deux bons  kilomètres de là, au lieu dit :chorsin.Une loge ou l’on rentrait le foin pour l’hiver, car on faisait dans ces prés plus de vingt chars de foin, suivant les saisons.

La loge de chorsin rénovée.

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Nous passions à table vers midi ,partions pour chorsin et nous  reposions jusqu'à deux heures, allongés sous l’ombre des branches basses d’un arbre.Non sans avoir vérifier qu'aucun reptile ne se trouvait à proximité;c'était un coin à vipères,des aspics,les rouges,les plus dangereuses.Ensuite, nous retournions le foin avec nos râteaux de bois de frêne, pendant des heures l’herbe volait à hauteur de mes yeux, d’un geste sec et mécanique, à l’inverse du faucheur, de gauche à droite pour moi, andains après andains l’herbe était retournée en vrac.

 Fourbus mais satisfaits nous rentrions,Génie, Joseph, grand-père Jean –marie et moi accompagnés de Jean à la maison de la rivière comme on l’appelait à l’époque.

 Pendant que les grands faisaient d’autres travaux,prenant mon baton, je ressortais les vaches,dans le pré situé sous la maison,finot sur mes talons, quémandant son bout de pain pour son salaire.

 Broutant consciencieusement, les vaches secouaient la tête pour se débarrasser des mouches et des taons qui pullulaient à perte de vue.

Et parfois, l’une d’entres elles partait au galop, piquée par une guêpe.

Heraime lançait son chien à ses trousses et en un rien de temps tout rentrait dans l’ordre.

Quand la fraîcheur venait sur la montagne, Joseph me faisant signe de rentrer, pour rattacher les vaches aux pis débordants d’un lait  gras et odorant.

C’est Joseph qui passait ses deux bras autour du cou de chacune,pour refermer la chaine,le petit rené par de petites tapes amicales de son baton ou de son sabot (coucou betty)les faisant ranger chacune à sa place,dans l'écurie.

Heraime n’était pas de taille à les attacher et le danger trop grand, qu’un coup de corne malencontreux ne vint lui perforer le ventre ou lui crever les yeux.

La traite du soir pouvait commencer, Génie, assise sur son tabouret de bois à trois pieds, le seau coincé entre les cuisses et le front appuyé contre la hanche de blanquette,la première à traire, se tenait la tête penchée vers le visage de la bête pour éviter un coup de queue intempestif . Pendant ce temps,comme si de rien n'était, blanquette ruminait quelques brindilles dans sa crèche et parfois appuyait le mufle sur la languette de l'abreuvoir et avalait une rasade d'eau venue de la source en amont.

 Sous la pression de la paume et du petit doigt de chacune des  mains de Génie, le lait bourru jaillissait par saccades, sur les bords du seau en aluminium, tchic-tchic,tchic-tchic ,tchic-tchic,tchic-tchic.

 Quand le seau était plein, elle le vidait dans ses bidons. (Que Nicole de chateauroux nous a achetés. Notre artiste du blog 50 les décore aujourd’hui avec beaucoup de talents.)

 Avec Joseph on s’entendait bien, on remettait (étarnissait) de la paille sous le ventre des animaux pour la nuit.

 La traite finie, Josette nous attendait avec une bonne soupe de choux et un plat de patates au four et d’un bout de fromage de chèvres.Ou de piquant, ce fromage avec un gout de gnôle, et dont les petits asticots se promenaient en toute liberté. Je n’y touchais pas.C’était pas pour moi,mais uniquement pour les grands.Pas de télévision  à regarder.Arthur et ses boites à la con n'existaient pas encore,

 Pour moi,  10 heures c’était l’heure d’aller me coucher, pendant que Jean et Joseph faisaient encore quelques paniers d’osier.Je me faisais dormir,les doigts croisés sur la couverture(rigole crabillou,rigole)

Grand-père Jean marie quant à lui, apprenait le dictionnaire par cœur, et se préparait à poser des questions au petit René le lendemain matin.Comme je craignais ces moments.

 Heureusement pour lui, Jeannot veillait au grain et regardait les questions qu’allait me poser le pépé et me donnait les réponses le lendemain à mon réveil.

L'aieul posait la question fatidique et mortelle -:C'est quoi le chef lieu du pas de calais??? alors heraime déja vicelard à cette époque lui répondait du tac au tac (vous savez le jeu qui n'existait.............)

-les perroquets pépé, les perroquets,et jean qui riait!! Et grand-père qui bougonnait-Si c'est pas malheureux d'aller à l'école et de pas savoir ça!!Heraime était déja con à l'époque, ça ne pouvait qu'empirer au fil des ans.Et j'ai bien peur que ça ne s'aggrave!tant pis pour vous!!

A suivre.
 
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